L'OAT à 10 ans atteint 4,70 %, la France emprunte au prix de l'Italie
Le rendement de l'emprunt d'État français à 10 ans a atteint 4,70 % jeudi 25 septembre, un plus haut depuis 18 ans. En août, la France empruntait déjà en moyenne au même taux que l'Italie, et 81 points de base plus cher que l'Allemagne.
Pourquoi c'est important. Le taux d'emprunt d'un État est le prix que les prêteurs demandent pour lui confier leur argent. Quand il monte plus vite que chez ses voisins, c'est que la confiance s'effrite. Ce prix se transmet ensuite à presque tout le reste : crédits, épargne, Bourse, budget public.
La hausse est d'abord mondiale. Aux États-Unis, le taux à 10 ans atteint 5,24 % et le marché estime à 71 % la probabilité d'une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale en octobre. Le pétrole, porté par les tensions autour du détroit d'Ormuz, entretient la crainte d'une inflation durable. Dans la zone euro, les rendements d'État ont progressé sept semaines d'affilée, selon Reuters.
Mais la France monte plus vite que les autres. D'après les moyennes mensuelles de la Banque centrale européenne, son taux à 10 ans est passé de 3,40 % en février à 4,00 % en août, soit 60 points de base de plus. Sur la même période, l'Allemagne est passée de 2,74 % à 3,19 %. En août, la France (4,00 %) et l'Italie (3,99 %) empruntaient au même prix. L'écart avec le Bund allemand, qui mesure la prime demandée pour prêter à Paris plutôt qu'à Berlin, est remonté à 81 points de base, proche de ses plus hauts depuis 2012 selon la presse spécialisée.
Trois raisons propres à la France reviennent dans la presse. La dette publique atteint 3 595,5 milliards d'euros au deuxième trimestre, soit 119 % du PIB, en hausse de près de 4 points sur un an. L'agence Scope Ratings a abaissé la note de la France de AA- à A+ le 21 septembre. Enfin, les investisseurs, cités par Morningstar et L'Agefi, s'inquiètent de l'impasse politique et des prochaines échéances électorales, qui rendent le redressement budgétaire incertain. Selon BFM, des fonds spéculatifs qui détiennent peu de dette française amplifient les mouvements par leurs achats et ventes rapides.
La dépendance aux prêteurs étrangers rend la France plus sensible à cette défiance : 57,5 % de sa dette est détenue par des non-résidents. Un investisseur international peut vendre ses titres français et acheter de la dette allemande en quelques minutes, sans risque de change. C'est ce mouvement que l'écart OAT-Bund enregistre.
Les effets se diffusent aux autres actifs. Des taux plus élevés rendent les obligations nouvellement émises plus attractives et font baisser la valeur de celles déjà en circulation. En Bourse, les secteurs endettés ou sensibles aux taux, comme l'immobilier coté et les services aux collectivités, souffrent en premier ; la Bourse de Paris résiste pour l'instant, selon plusieurs courtiers. L'or, qui ne rapporte aucun intérêt, a perdu 23 % depuis janvier sous l'effet de la hausse des taux, et le bitcoin plafonne autour de 84 000 dollars.
Pour l'État, chaque hausse des taux alourdit la charge de la dette à mesure que les anciens emprunts sont remplacés par de nouveaux, plus chers. C'est l'enchaînement que les marchés redoutent : une dette plus coûteuse creuse le déficit, qui justifie à son tour des taux plus élevés.
À surveiller. L'écart OAT-Bund, les prochaines décisions des agences de notation, le calendrier budgétaire et la réunion de la Réserve fédérale en octobre.
Ce que ça change pour vous. Les taux des crédits immobiliers suivent, avec retard, les taux d'État à long terme : emprunter coûte plus cher. Les fonds en euros de l'assurance-vie, investis surtout en obligations, verront leur rendement remonter lentement, à mesure qu'ils achètent des titres mieux rémunérés. À l'inverse, un placement déjà investi en obligations perd de la valeur tant que les taux montent.
Ce qu'il faut retenir
- OAT à 10 ans : 4,70 % le 25 septembre, un plus haut depuis 18 ans.
- En août, la France (4,00 %) et l'Italie (3,99 %) empruntaient au même taux, 81 points de base au-dessus de l'Allemagne.
- Dette publique : 3 595,5 milliards d'euros, soit 119 % du PIB, dont 57,5 % détenus par des non-résidents.
Texte rédigé par l'intelligence artificielle d'AEGIS AMI à partir des sources citées. Ne constitue pas un conseil en investissement.
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