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Pourquoi la simple détention bat presque toutes les méthodes de trading

La référence que presque toutes les méthodes ratent, et ce que notre propre signal de tendance a donné face à elle.

Acheter un indice large et ne plus y toucher reste la méthode la plus difficile à battre. Les gérants professionnels échouent pour la plupart, et un signal de tendance testé par la rédaction n'y parvient pas non plus : il réduit les pertes, mais il gagne moins.

À retenir :

  • Sur 15 ans, environ neuf fonds actifs américains de grandes valeurs sur dix font moins bien que le S&P 500 (S&P Dow Jones Indices, études SPIVA).
  • Plus de la moitié des actions américaines cotées depuis 1926 ont rapporté sur leur vie moins qu'un placement monétaire ; environ 4 % des valeurs ont créé toute la richesse nette du marché (Bessembinder, 2018).
  • Le signal de tendance testé par AEGIS sur 2013-2026 divise par deux la perte maximale (11,4 % contre 23,8 %), mais rapporte 6,1 % par an contre 7,9 % en simple détention.
  • Sur 14 ans, 1 euro devient 2,26 euros avec le signal, contre 2,84 euros sans rien faire.

Le rendement des actions n'est pas un cadeau : c'est le prix payé à ceux qui acceptent de traverser des baisses de 20, 30 ou 50 % sans vendre. Toute méthode qui sort du marché pour éviter ces baisses renonce, pendant ce temps, à une partie de ce prix. Pour faire mieux que la simple détention, il faut donc avoir raison deux fois : en sortant avant la baisse, puis en revenant avant la reprise. Les reprises sont souvent brutales et rapides, et c'est là que la plupart des méthodes perdent du terrain.

Les professionnels n'y échappent pas. Les études SPIVA de S&P Dow Jones Indices, qui comparent chaque année les fonds gérés activement à leur indice, montrent que sur quinze ans environ neuf fonds actifs américains de grandes valeurs sur dix font moins bien que le S&P 500, une fois leurs frais déduits. Ce sont pourtant des équipes d'analystes à plein temps, avec des données que les particuliers n'ont pas.

L'exemple du voisin qui a acheté une action et l'a laissée monter trompe aussi. On se souvient de celui qui a choisi la bonne valeur, rarement de celui qui a gardé Orpea, Casino ou Atos jusqu'à la quasi-disparition de son capital. Le chercheur Hendrik Bessembinder a montré qu'aux États-Unis, plus de la moitié des actions cotées depuis 1926 ont rapporté sur leur vie moins qu'un placement monétaire, et qu'environ 4 % d'entre elles expliquent toute la richesse créée par la Bourse. Ce qui bat presque tout le monde, ce n'est pas une action conservée, c'est l'indice entier conservé.

La rédaction a fait le test sur une méthode classique, le suivi de tendance : rester investi quand un actif est au-dessus de sa moyenne des dix derniers mois et a progressé sur un an, réduire ou sortir sinon. Les règles, le code et les données ont été figés et leurs empreintes publiées avant le calcul, qui n'a été lancé qu'une seule fois, sur 2013-2026 et 14 grands actifs (actions, obligations, or, pétrole, dollar), frais compris. Résultat : la pire baisse tombe de 23,8 % à 11,4 %, mais le rendement passe de 7,9 % à 6,1 % par an. Un euro placé fin 2012 devient 2,26 euros, contre 2,84 euros sans rien faire, avant impôts, qui pénaliseraient davantage la méthode active en compte-titres.

Ce résultat est fragile dans sa partie flatteuse et solide dans sa partie décevante. La protection doit beaucoup au calendrier : si le krach de mars 2020 avait commencé une semaine plus tard, la méthode serait sortie trop tard et sa pire baisse aurait atteint 17,5 %. Le manque à gagner, lui, est régulier : il s'accumule à chaque reprise, en 2019, en 2021 et de 2023 à 2026, quand le signal revient tard sur un marché déjà reparti.

Une méthode active n'est donc pas inutile, mais elle se juge à ce qu'elle promet. Le suivi de tendance vend une baisse moins profonde, pas un gain supérieur, et cette assurance se paie. Les méthodes qui promettent les deux, moins de risque et plus de rendement, doivent montrer un historique publié à l'avance, net de frais et d'impôts, face à la simple détention. Très peu le font.

Pourquoi c'est la bonne référence

Toute méthode de Bourse, d'un conseil de magazine à un robot de trading, se compare à la même référence : acheter un indice large et le garder. C'est la barre que la plupart des méthodes ne franchissent pas, et la seule comparaison qui dit si elles apportent quelque chose.

Ce que ça change pour vous

Avant de suivre une méthode, un conseil ou un signal, la question utile est simple : a-t-il fait mieux qu'un fonds indiciel large conservé, sur une longue période, après frais et impôts ? Sans réponse chiffrée et vérifiable, la simple détention reste la référence. Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil d'investissement.

Sources : S&P Dow Jones Indices (SPIVA), Bessembinder, Journal of Financial Economics (2018), Rejeu AEGIS 2013-2026.

Contenu pédagogique. Ne constitue pas un conseil en investissement.